La dernière convocation – Christine Van Acker (Cactus Inébranlable éditions, 2017).

chomeurEn ces temps troubles de chasse aux chômeurs et d’élévation du CDI au rang de valeur suprême, à notre époque de la dictature du « vrai » travail – qui va de pair avec une servilité de masse consentie au nom de fins de mois moins douloureuses, l’anéantissement de nombreuses vocations et une réduction de l’art à un hobby dominical – on ne peut que s’émerveiller des rares voix qui s’élèvent à contre-courant du martèlement quotidien de la pensée unique fonctionnaire, métro-boulot-dodo.

Christine Van Acker est l’une de ces voix – une voix douce, pas un cri. Le ton est volontiers ironique pour dénoncer l’absurdité de la traque des créatifs et autres malheureux « sans emploi fixe ». L’écriture est classique à tendance cinglante.

La dernière convocation est la réponse poliment acerbe d’une artiste n’en pouvant plus d’être étiquetée « demandeuse d’emploi » par une administration aussi puissante qu’inhumaine et bornée.

Une petite révolution en soi, bien que l’on puisse avoir comme un doute quant à la réceptivité du destinataire.

Dans ce pamphlet qui porte bien son nom – c’est court, très court – Van Acker envoie élégamment le Forem, cette inutile instance, se faire foutre. Ce en quoi elle a absolument raison. Parce qu’une société sans considération pour ses artistes n’a ni sens, ni âme.

« Earth without art is just Eh ». On a tendance à l’oublier.

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